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La richesse du pays

On mesure généralement la richesse d'un pays avec son Produit National Brut. Celui-ci est l'évolution du Produit Intérieur Brut, mais il est concurrencé, dans l'idée en tout cas, par le Bonheur National Brut, présenté par le Bouthan.
Le PNB représente-t-il vraiment la richesse d'un pays ?

Indépendamment de faire la fortune des commentateurs de télévision, cette question revient à connaître le niveau de vie, dont on se demande toujours comment il évolue.
L'économie est sensée nous permettre de gérer la création de richesse. Mais il ne s'agit que de la richesse quantifiable, et même échangeable. Un pont, une route, une fois amortis, n'ont ils vraiment plus de valeur ?
La richesse monétaire signifie cependant quelque chose, tout comme l'économie fonctionne réellement. On peut leur reprocher leur superficialité, mais tous s'accorde à préférer la richesse à la pauvreté. (surtout les pauvres d'esprit, comme disait le Christ)

Il y a une régression de la qualité à la quantité. Si Hegel considère qu'il y a une dialectique entre les deux, celle-ci n'est pas une simple juxtaposition et parfois même une opposition.
Retenons quand même l'intérêt du critère des quantités produites, mais sans oublier que ce critère doit nous servir à mesurer notre progrès ou notre déclin.
Ce n'est pas la production qui est importante, mais le bonheur qu'elle prétend soutenir.

On mesure avec le PNB le volume des échanges. On a dépassé le calcul des productions industrielles (le PIB) depuis que les principales valorisations sont immatérielles. Reprenons donc le concept de richesse quantitative.
La production locale est donc le premier point : elle comprend les produits de l'agriculture (1) et de l'industrie (2). Il faut tenir compte de l'export, qui diminue la richesse locale (3), et de l'import, qui l'augmente (4). Il faut ajouter l'apport du tourisme (5), mais aussi l'argent qui rentre pour être blanchi (6) et l'import des différents trafics (7), ainsi que leur coût (8). Le rendement des placements doit être ajouté (9) et la valorisation du patrimoine existant (10). Il faut déduire les intérêts de la dette (11) et la fuite des capitaux (12). Ce total permettrait d'évaluer l'état d'un pays, la répartition de ses produits et leur évolution.
Cette pure comptabilité, pour autant qu'on parvienne à la tenir, ne rendra cependant pas compte de l'amélioration ou de la dégradation des conditions matérielles d'existence, qui sont pourtant la raison de ce travail. Il faudrait tenir compte du travail improductif ou inutile d'un côté, et de la capitalisation de l'autre. Le résultat qualitatif serait donc de mesurer la quantité de capital qui s'accumule. On devrait diminuer cette quantité des multiples gaspillages et séparer ce qui n'est qu'une valorisation (ou dévalorisation) d'un patrimoine existant. Bien sûr, il faut contrebalancer ce patrimoine avec la dette, et se servir du résultat pour évaluer l'utilité de l'industrie, c'est à dire du travail.