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Le Capital

L'ennemi semble connu, c'est le capitalisme. Cette "liberté du loup dans la bergerie" a son idéologie et son art. On reconnaît sa trace actuelle dans l'idéologie libérale-libertaire. Mais en identifiant un ennemi, il ne faut pas se tromper. et il semble que, depuis près de deux siècles, ce soit le cas.
Attaquer le capitalisme, c'est désigner le possédant comme celui qu'il faut abattre. On stigmatise ses prévisions, son économie, son identification, sa responsabilité, son patrimoine.
Et pendant ce temps, la gestion, immédiate et anonyme, sans capital et sans attache, organisait sa domination.

Le capital apparaît avec l'homme. On peut supposer que la fonction du cortex pré-frontal d'anticiper les événements va permettre de répartir dans la durée les contraintes et ainsi de les alléger. Il est évident pour tous que pouvoir stocker des récoltes, apprendre de ses erreurs, répéter des exercices, transmettre des constructions ont non seulement été utile, mais nécessaire aux civilisations humaines.
Dans le même temps, il a fallu garder ces stocks, déterminer des morales, respecter une discipline, répartir les tâches, toutes occasions de la domination d'une classe sur une autre. De là la conjonction de la rébellion et du pillage, de la spontanéité ou de la transgression. Bien sûr, il y a une violence dans la continuité, comme il y a une bêtise dans les apprentissages. On retrouve ici les critiques de l'argent, des habitudes et de toute discipline. Ceci explique peut-être l'échec de ces rebellions, mais cet échec ne justifie pas l'abandon de la nécessaire critique de l'aspect mortifère du capital. Simplement, il va falloir distinguer dans cette critique ce qui permet d'aller plus loin, en abandonnant les aspect régressifs comme le gauchisme. Le concept de Capital a été vulgarisé par Marx, mais celui-ci, avec son horizon de prise du pouvoir, l'a limité au monde économique dont il doit être libéré. La propriété privée des moyens de production n'est pas le ressort de la domination de classe, comme un siècle d'histoire communiste l'a prouvé.

La critique du capitalisme se résume souvent à la critique de l'argent. Mais l'argent n'est qu'un moyen, même avec son autonomie. Si celle-ci est critiquable, ce n'est pas le point essentiel de la maladie. On voit avec les politiques monétaires la puissance des états sur la monnaie. On peut même maintenant dire que le capital s'est libéré de l'argent (1), de même que celui-ci s'est essentiellement séparé de l'industrie (2).
Depuis un siècle, on a pu assister à l'utilisation de la théorie marxiste par les gouvernements capitalistes eux-mêmes, et partout l'aliénation s'est poursuivie. Ce n'est pas l'économie qui dirige le monde, mais la direction du monde qui se sert de l'économie. On a vu que le capitalisme pouvait être celui d'un état, voire du public, sans que les ouvriers par exemple ne voient leur sort s'améliorer, et cette justification n'a servi à l'Etat qu'à se défendre contre la fluidité de la valeur.
Le capitalisme est un phénomène social et non économique. En rendant marchand, c'est à dire négociable (une mesure d'état peut rentrer dans ce cadre) les activités civiles, il les paupérise inéluctablement. Il se caractérise par le parasitisme qu'il entretient vis à vis des ressources naturelles, du travail humain ou de la culture. En ce sens, il fluidifie la société sur le modèle de la marchandise, mais aussi du flux bancaire. C'est typiquement son oeuvre que d'évaluer le prix de la vie. Et critiquer cela ne doit pas faire oublier qu'il faut faire des priorités ...

On voit maintenant que ce n'est pas la richesse qui crée la centralité, mais à l'inverse, que le centre du pouvoir apporte la richesse.
La spéculation a vaincu l'industrie et la valeur ne se soutient que par elle-même. Le mythe de l'extériorité de la valeur : dans le temps de travail, dans l'usage, dans l'étalon or ... s'est effondré depuis Bretton Wood entre autres. Quand on croit que l'économie dirige le monde, c'est le pouvoir de cette foi, la croyance en la technique, en l'efficacité, plus qu'en une réalité. L'efficacité n'est pas celle de l'accroissement économique, mais celle du plus grand pouvoir. Et celui-ci repose sur une croyance, et non sur un objet.

"La spectacle est le capital concentré à tel point qu'il devient image." Guy Debord
Le mouvement autonome du non vivant trouve maintenant sa force dans sa présence même : dernière victoire de la rhétorique.

L'art s'est éloigné de sa créativité pour devenir valeur, et c'est en partie l'origine de certaines folies, qui n'auront pas plus de suite que la fausse monnaie. Depuis que la signature est plus importante que le contenu, les productions artistiques n'ont plus comme raison que la création de valeur spéculative (mais c'est une raison puissante). "A l'inverse de l'oeuvre ancienne dont la valeur dépendait de la singularité, le poncif, dont l'œuvre d'avant-garde est la concrétisation, doit nécessairement s'entasser comme du numéraire ou des titres bancaires" (Jean Clair)

Le narcissisme est la dernière idée de ce monde, le résultat de l'hypertrophie de la volonté individuelle. Il permet, sous un individualisme fondamental, l'abandon des prétentions politiques.

Le dadaïsme avait proclamé la mort de l'art, suivant en cela la mort de Dieu proclamée par Nietzsche. L'art contemporain, c'est à dire le marché de l'art, fait durer cette mort, en la rejouant sans cesse (Internationale Situationniste).

Comme souvent, la pseudo-critique désamorce la vraie. Ainsi, la libération de l'académisme a permis un conformisme encore plus grand.

Le capitalisme postmoderne a érigé le vide, le banal, l'absurde, le déchet, le scatologique, le pornographique et le morbide en valeurs artistiques de notre société. (Du narcissisme de l'art contemporain - Alain Troyas et Valérie Arrault) Si l'art a un rôle de transgression, la société du spectacle a commercialisé cette transgression, et l'on a eu un art anal, un art sadomasochiste, un art schizophrénique, un art morbide, par exemple, dont la valeur de transgression n'est que l'affirmation de l'autonomie du pouvoir à l'égard de la morale.

L'art symbolise son époque, et la décomposition actuelle trouve son expression dans l'apologie de la dégradation. C'est très visible dans la publicité ou dans les clips musicaux. L'organisation du spectacle utilise la caricature de sa critique par la démagogie.

Le Capitalisme se caractérisait déjà par la prééminence du travail mort sur le travail vivant. Le travail mort est depuis le siècle dernier plus présent, actif et dominateur dans la pérennité des structures que dans l'argent. La tendance "naturelle" des organisations à se maintenir, se développer et s'auto-justifier a déjà été étudiée.
La forme d'une organisation a sa dynamique propre, indépendamment de ce qu'elle représente. Sans doute le structuralisme a plus de fond que sa mode ne l'a laissé penser. La critique de l'argent sert maintenant à masquer la domination de structures qui travaillent pour elles-mêmes. Le réceptacle du pouvoir s'est émancipé de ses fondateurs. Le capitalisme n'était pas seulement la bataille de l'objet contre le sujet, c'est directement, avec les intérêts, les spéculations, les réserves (comme disait Flaubert), la bataille de la mort, de l'inerte, contre le vivant. Ainsi le bio-pouvoir, défenseur de l'industrie de la santé, justifie d'imposer à chacun sa sécurité.

La domination du capital s'établit à la Révolution française, lorsque la place de chacun n'est plus défendue par l'honneur (le rang), mais par une garantie sur les forces engrangées. Le pouvoir des représentants s'est progressivement affirmé : représentant d'abord de la force (la noblesse) puis de l'argent (la bourgeoisie), ils ont toujours prétendu représenter l'ensemble de la société, quand ce n'est pas la planète (les écologistes).
Le communisme a été l'occasion de la libération des manageurs (L'ère des organisateurs - James Burnham) par rapport au capital. Cette libération n'a pas été oubliée et s'est répandue dans le reste du monde.
Ainsi la représentation s'est élevé contre ce qu'elle représentait pour gagner son autonomie, et ses conseillers en communication n'ont pas oublié les leçons de la propagande et de la publicité, de Machiavel à Goebbels : ils ont théorisé une technique de subjugation avec de meilleurs moyens.

L'économie n'est qu'une pensée : l'organisation de la rareté. L'argent lui-même n'est qu'un moyen. C'est au delà qu'il faut chercher le ressort : le fonctionnement de la domination moderne, qui domine pour elle-même et dont le spectacle est son principal objet.
Le maintien dans une enfance prolongée, qui caractérise toute domestication, trouve avec le spectacle un achèvement en excluant les seuls adultes. L'infantilisme n'est pas une stratégie pour créer des consommateurs, mais une opportunité de domination. On voit bien là que la domination marche pour elle-même et non pour l'économie. Une certaine politique se résume au commentaire sur la façon : la mode a remplacé l'idée.

J'utilise la notion de Structure comme définition d'une organisation sociale qui trouve son but en elle-même et qui réagit de façon active au milieu environnant. Le Structuralisme serait alors l'idéologie, la doctrine et le fonctionnement de la force, du maintien et de la croissance de ces Structures, séparées du reste du corps social. Cette extension de la notion de structuralisme ne trahit pas celle de Claude Lévi-Strauss, Roland Barthes, Jacques Lacan, Michel Foucault ou Louis Althusser ; simplement, elle s'étend dans un autre champs que ceux de ces penseurs, celui de l'économie politique et de la question sociale. La Technostructure, c'est la valeur de l'argent, c'est la garantie du spéculateur, c'est la connivence des décideurs, c'est la séparation de la force du travailleur en une énergie désincarnée, c'est l'anticipation d'un futur semblable au passé, c'est le spectaculaire avec ses possibilités modernes et libérales, la liquidation des anciennes institutions avec une logistique du mouvement permanent.
Le technocrate n'est pas le technicien, qu'il méprise ostensiblement. Il gère et "l'intendance suivra". Il sait que l'opinion est plus forte que la réalité, que le pouvoir des fusils dépend de l'idée qu'on s'en fait.

La Technostructure, c'est la forme du pouvoir qui n'a plus besoin d'une autre justification que lui-même. Le pouvoir n'est plus celui de la force, ni celui de l'argent, c'est simplement une forme. De même que l'aristocratie s'était débarrassé de la force, la bourgeoisie s'est débarrassé de l'argent pour devenir pure gestionnaire. Le structuralisme domine le travail mais domine aussi le capital. Il a pour cela développé toute une série d'outils, qui dématérialisent les pratiques humaines, qui les déréalisent.
La Structure obéit à des lois, mais qui sont les siennes et non celles du Capital. Il s'agit encore du rendement, mais en même temps de la mobilité, de l'acceptation, de la passivation, de la distraction et de la séparation du peuple (liste non limitative).

La technologie est devenue promesse. Le fétichisme de la marchandise connu, son pouvoir s'est accru en devenant machine, puis machine automate. Le siècle qui vient de s'écouler était marqué par la pensée de Marx, selon laquelle la superstructure dépendait de l'infrastructure. Mais la superstructure, en devenant marxiste, a lutté pour se libérer de l'infrastructure et la maîtriser. Elle s'est par exemple émancipée de la loi de l'offre et de la demande, ramenée à un besoin d'extériorité (3), maintenu lointain.
Les sciences humaines sont également réduite à des injonctions morales. La structure oscille, comme Pierre Bourdieu l'a fait remarquer, entre l'arrogance de techniciens qui veulent le bonheur du peuple malgré lui et la démagogie de l'acceptation de toute tendance apparente, qu'il s'agit de devancer. Grâce aux sondages, l'état est à la pointe de la fausse critique.
Le maintien et le renforcement de son existence et de son pouvoir, quelque soit celui-ci, c'est l'action de la Structure : tout doit changer pour que ce moteur du changement prenne toute la place. Ses moyens sont tout autant la contrainte que la nécessité économique. Bien sûr, la Structure obéit à des motifs extérieurs, mais essentiellement le pouvoir d'autres structures : l'action des lobbys doit être coordonnée.

La classe dominante, pour moi, c'est depuis un siècle le bureaucrate décrit par Bruno Rizzi. Et, de même que le capitaliste est d'abord un marchand, le bureaucrate est d'abord un gestionnaire. Et qui se coopte. La tendance avec Macron, c'est d'aller encore plus loin dans le pouvoir coagulé des cercles existants : il y a une force de cohésion des institutions (publiques comme privées) qui est leur principal effort, comme l'avait montré Michel Crozier. Ce "Structuralisme", entendu comme action de la structure à tout faire pour maintenir et agrandir son pouvoir, me semble le vrai ressort de la domination, bien plus que sa façade le Capitalisme, qui viendrait d'une erreur de Marx, réduisant la société à l'économie. On voit par exemple dans l'immobilier que les vrais décideurs sont l'état (central et local), les majors du bâtiments, les gestionnaires de parc, tandis que les propriétaires, peut-être parce qu'ils sont attachés au lieu (et donc en même temps responsables), sont les paravents de cette lutte des classes. Ce "Structuralisme" se joue de l'argent, comme on le voit avec la guerre des monnaies (il y a longtemps que les affaires se décident sans apport, mais avec un "adossement"), comme il gouverne de plus en plus sans présence, par "la force des choses", de façon liquide.
Marx avait montré que le capitaliste profitait de la complémentarité des travailleurs, complémentarité qui leur échappait. C'est l'organisation de cette complémentarité, de cette cohésion, qui est le Structuralisme.

La Structure aurait donc comme (beau) rôle de gérer et d'assurer le spectacle. Pour cela, elle se cache derrière les (vilains) capitalistes, qui sont ses otages et qu'elle se prépare régulièrement à abandonner à la critique.
Le pouvoir n'a plus d'autre visage : "Si le capitalisme survit en dépit de ses imperfections et de ses injustices, c'est parce qu'il n'y a pas de remplaçant présentable" Alfred Sauvy

Il n'est pas anodin que Marx ait été un bourgeois européen du 19è siècle. L'Europe est avec la Chine une civilisation qui a investi sur le long terme, qui a capitalisé sa richesse. Le but de l'honnête homme était d'améliorer la vie des générations futures. La critique du capital est donc en même temps la critique de la prévoyance et de la tempérance, et elle est portée autant par l'exigence de justice sociale que par la pulsion de la jouissance immédiate. On voit que ce ne sont pas les propriétaires qui organisent la domination d'une classe sur une autre, mais les pouvoirs établis et les financiers. Et bien sûr la classe privilégiée est bien plus celle-ci que celle, mise en avant, des investisseurs.

C'est le besoin d'être dirigé, décrit par La Boétie ou Wilhem Reich, qui fait la force du structuralisme. C'est l'incarnation de ce besoin qui fait la classe dominante, qui utilise le spectacle et ses techniques dans ce but.

La gestion n'est pas le capital. Elle ne cherche pas à investir, à créer et à maintenir un patrimoine. Elle n'est pas attaché à une personne. Elle cherche simplement à survivre et s'étendre. Elle organise et se prétend indispensable. Elle prétend ne faire que servir mais choisit les buts qu'elle va réaliser. Un bon exemple de ce Structuralisme est fourni par la société Véolia, l'ancienne Générale des Eaux renommée par des publicitaires, qui forme un empire international, alors que les réseaux qu'elle gère ne lui appartiennent pas.

La Structure, que l'on appelle encore imparfaitement le Capital, n'a pas pour centre le marché, mais la banque. Celle-ci, qui peut se nommer différemment, est le lieu de création de la valeur. C'est son existence qui est le véritable moteur pour lequel agit le "manager". Il peut bien ruiner ses actionnaires, ne pas faire de plus-value, baisser son taux de profit, dilapider un patrimoine (et c'est ce qu'il va d'ailleurs de plus en plus faire), du moment qu'il justifie sa place centrale, de laquelle il tire une rémunération incomparable, dont l'argent n'est que la partie la plus visible. Et cette justification n'est plus que celle de son existence. Ainsi toute nouvelle possibilité de commercialisation est-elle d'abord un nouveau champs de pouvoir.

Le Capitalisme trouve naturellement son coeur dans les capitales. La centralisation suit la concentration, comme la bureaucratie suit la bourgeoisie. La métropole du Structuralisme n'est plus celle du Capitalisme. Les villes industrielles sont abandonnées pour les métropoles du réseau.

Les anciens régimes, comme le mélange de démocratie et d'aristocratie qui a caractérisé la chrétienté, avec son rapport entre une classe de l'excellence et un peuple protégé, leur mélange et leurs mouvements, sont rendues caduques par le spectacle et sa dissymétrie.
Il faut abandonner cette idée séduisante mais fautive d'un mouvement historique de progrès.
Il y a bien eu, et il y a encore, des agents du capital, mais la forme du gouvernement utilise l'économie plus qu'elle n'en est l'otage. Le Structuralisme est cette monstruosité du non-vivant autonome assurant une domination de classe. Si la plupart des pays sont dirigés autoritairement, il s'agit toujours des mêmes leviers : d'un côté la crainte politique et le manque économique, de l'autre la croyance en une sécurité future, dont l'argent n'est qu'un moyen. On voit en Chine par exemple que la superstructure pille l'économie, et en maintient un jeu à l'usage d'une classe intermédiaire, tandis que l'esclavage se répand. Les lois de cette domination ne sont donc pas l'augmentation de la plus-value ou quelque autre pichenette économique, mais en tant que ce pouvoir est un ersatz de la Volonté (de vie) (4) décrite par Arthur Schopenhauer, les 2 seuls impératifs :
A/ la vitalité de cet ordre de managers : sa croissance, sa reproduction et sa suprématie
B/ le moindre effort : l'abandon de toute intervention conflictuelle ou eschatologique, c'est à dire un usage du libéralisme.

Il peut bien sûr y avoir une variante autoritaire, si la situation l'exige : le Structuralisme peut bien se donner un Hitler ou un Lenine, mais il se rendra alors plus fragile en adoptant un contenu, et il le sait maintenant.

(1) avec l'apparition de la banque et de la monnaie fiduciaire
(2) avec la domination de la spéculation sur la production
(3) le Structuralisme est parfois rattrapé par son déni de réalité : il existe une altérité, comme la chute de l'URSS l'a montré.
(4) "L’être n’est rien d’autre que volonté aveugle, quelque chose de vital et d’opaque qui ne renvoie à rien de visé, à rien de voulu. Son sens réside dans le fait qu’il n’a pas de sens mais que, simplement, il est" Lorsqu'il est confondu avec la religion, il marque son conservatisme, comme Schopenhauer le montre chez Spinoza : "Chez lui aussi le monde avec tout son contenu est donc parfait et tel qu'il doit être : par là l'homme n'a rien de plus à faire que vivre, agir, conserver son être, en cherchant radicalement son propre avantage" (Ethique, IV p.67)



Denis Beyer 2017