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La beauté de l'erreur

Si la vérité est parfois difficile à trouver, l'erreur, par contre, est courante et nous apporte la preuve que la certitude est possible. Dans une période de doute il est rassurant de savoir que des certitudes existent, même si la plupart de ces certitudes sont négatives.

En mathématiques, on peut démontrer que certains problèmes ne peuvent avoir de solution. De même, on sait depuis Karl Popper (1), que la science n'est qu'hypothèses et qu'elle n'avance qu'en établissant que certaines hypothèses sont erronées.
La science n'établit pas des vérités, mais corrige des erreurs.
C'est peut-être la raison qui détourne tant d'esprits de la science : il semble plus facile de croire, de suivre des affirmations ... Ainsi, les media ne cherchent pas à clore les débats scientifiques ; au contraire. Ils cherchent l'audience, et c'est en maintenant le public dans la discussion. Leurs vulgarisations sont souvent simplistes; et c'est volontaire.
"Car la vérité existe, n’en déplaise aux hérauts de la nuance, aux champions de l’ambivalence, aux tenants de la fiction universelle. À un moment, dans le champ de la vie, quelque chose est vrai ou faux, fait ou fable. Cela ne dure peut-être qu’un moment, mais c’est un moment de vérité." Camille Laurens - Ta promesse - 2024

On peut douter de tout, mais pas du doute. De ce côté, Descartes avait raison : on est certain que l'on ne saura jamais tout.
Cependant, le doute absolu : "on ne saura jamais rien" ou "il n'y a pas de certitude'", est aussi une forme d'erreur, une abdication de l'esprit : Le relativisme devient alors une fausse piste.

Il y a ainsi des absolus que la relativité moderne nous fait oublier : la mort, la vitesse de la lumière, la présence de la matière par exemples. Ce sont des limites claires de l'existence des forces naturelles, que certains refusent de voir (mais pas de sentir, comme la gravité par exemple, d'où une certaine schizophrénie).
Le négatif peut être une base solide pour s'élever : c'est un guide, le seul sinon le meilleur. De là le danger de la paresse, de l'indifférence.

Les images sont souvent trompeuses. Il est arrivé aux autorités de mentir et parfois, cela leur a semblé nécessaire. Nous avons besoin d'esprit critique et d'un certain recul devant ce qui parait évident ; cependant, ce recul ne doit pas être paralysant. Il y a des complexités que seule l'action éclaircit. Dans un moment de confusion, de méfiance envers l'autorité, il semble important de signaler la certitude de certaines erreurs. Ainsi, on peut être sûr que certaines affirmations sont fausses.

C'est donc une liste de négation qui devrait nous rendre optimiste par l'avancée de l'esprit humain.
Une telle liste est évidemment infinie, et elle s'accroie infiniment, mais, outre l'ironie de la moquerie hélas trop fondée, il est des bêtises dont il faut faire la publicité. A vous de compléter ..

Donc :





(1) C'est l'occasion de clarifier les ambiguité des nombreux relativistes de l'époque. Ceux qui ont reproché à Popper l'arrogance de ses certitudes ont entretenu un doute injustifié. Les critiques de Kuhn ou de Feyerabend sont des sophismes qui partent d'une vision essentialiste d'une vérité impossible. Certes, la logique de corroboration des faits et des théories n'est pas rationelle, mais ça ne veut pas dire qu'elle est arbitraire.
La résolution de cette querelle des années 2000 est que les "relativistes" feraient mieux de laisser les idées d'une vérité absolue, comme celle de la connaissance "complète" de la réalité, aux religieux. Il faut simplement partir du négatif : l'erreur existe positivement, sans conteste.
Il faut voir au delà de ses présupposés et distinguer ce que l'on sait de ce que l'on croit. Il y a une force du négatif, une certitude de l'existence de la mort qui nous permet d'être sûr de la terre, du temps ou des parents. critique de l'historicisme "Là où croit le danger croît aussi ce qui sauve" : la pensée magique qui doit nous rassurer là où nous devrions nous réveiller. La première chose : reconnaître l'hostilité



(2) L'Art, et particulièrement le théâtre sont l'espace de ce développement humain hors de la Nature, ainsi que nous le montrent par exemple Marivaux ou Pirandello. L'homme préfère souvent la fiction. L'Art est la trace de la Nature dans le monde humain. Cette trace n'est jamais trop idéalisée : il n'y a pas à craindre que la Nature soit dépassée mais trahie.